En 1529 l’empereur Charles Quint autorise les moines à établir une forge à coté de l’Abbaye d’Orval. La Gaume pays très boisé et ne manquant pas d’eau, toutes les conditions étaient rassemblées puisque le minerai était aussi présent dans la région.

Ces forges d’Orval étaient alimentées par l’eau de la Willers (venant de Chameleux) de la Mouline (venant de Pin) de la Courwez (venant de Limes). On construit des digues et des étangs pour retenir l’eau et créer la force motrice qui devait alimenter les forges. L’étang des Forges ce trouvait devant la maison du Maitre des forges où se  trouve maintenant le nouveau château d’Orval.

Orval_La_Grande_HalleLes forges se situaient à la jonction des trois ruisseaux. Elles furent détruites en 1637  et reconstruites vingt ans plus tard. La grande et la petite halle furent reconstruites au XVIII siècle, et sont visibles de nos jours à partir de la route.

Le charbon de bois, utilisé comme combustible, était fabriqué dans la forêt par les charbonniers selon une méthode ancestrale. Il s’agissait d’un travail minutieux et éprouvant. Le sol était tout d’abord aplani, le bois était ensuite coupé, séché, dressé sur un tas en forme de cône et recouvert de frasin (un mélange de terre et de poussière de charbon) avant qu’on y mette le feu. Une fois produit, le charbon de bois était transporté et stocké dans la halle à charbon proche de la forge.

Le minerai de fer était extrait dans la région très proche de Sapogne et Thonne le Thil, deux petits villages qui à l’époque font parties du Duché du Luxembourg. Ce minerai appelé « minette »est un minerai, pauvre en fer (30 à 35%) qui s'est formé au fond des mers il y plusieurs millions d'année.Anciennes_Forges_d_Orval_JCG 

Après le sac révolutionnaire, le site ruiné de l’abbaye passa de mains en mains. Dès 1797, les Forges d’Orval, qui ont fait la richesse du monastère et qui figuraient parmi les plus productives de tout le duché de Luxembourg, sont acquises par Bernard Stévenotte, qui les remet en activité et leur fait retrouver rapidement leur niveau de production d’avant la révolution.

Après de nombreuses péripéties l'activité des forges cesse en 1885. En 1886, le site est à nouveau remis aux enchères et acquis par la famille Wauters de Liège.

En 1914, la Commission Royale des Monuments et Sites se préoccupe du site des ruines, qui passe alors sous tutelle de l’Etat belge.